Frédéric Criado est né en région parisienne, en 1972. Ancien élève de l’EDC, il a tout plaqué en 2003 pour rejoindre Carla. Il partage son temps entre Paris, Genève et la Haute-Savoie où il réside. La Tribune de Fred est son premier livre publié.

Comment l’idée d’écrire La Tribune de Fred a-t-elle germé ?

J’ai toujours écrit, que ce soit sur des thèmes sérieux, parfois rasoirs, pour faire bouillir la marmite, ou sur des thèmes plus légers, juste pour le plaisir d’écrire. Je postais mes trouvailles sur Facebook pendant deux ans, jusqu’à ce que mes amis virtuels me suggèrent d’en faire un livre. Voilà pour la genèse.

 Tu te sens comment quand tu as fini d’écrire un livre ?

A la fois soulagé d’être allé au bout de mon idée et stressé par d’éventuelles coquilles qui auraient échappé à ma vigilance. Je suis mon pire lecteur !

As-tu des projets autres que La Tribune de Fred ?

Plein ! Maintenant que je suis lancé, j’ai envie d’écrire sur des registres variés.

L’écrivain a-t-il le droit d’écrire tout ce qu’il veut ?

C’est même un devoir, selon moi. La responsabilité d’un écrivain passe aussi par la nécessité de dénoncer les travers de son époque. Avec de l’humour, c’est encore mieux.

 Tu as envoyé ton manuscrit à d’autres maisons d’édition ?

Non, l’idée de conjuguer nos talents respectifs au sein d’une même structure, s’est imposée naturellement. Donc, pour répondre à la question, non, ça ne m’a même pas traversé l’esprit.

Tu pourrais travailler avec un autre éditeur ?

Oui, si le courant passe bien, pourquoi pas.

Qu’est-ce qui te pousse à écrire ?

Rien, c’est naturel, comme le fait de respirer. Ca fait partie de moi. J’en ai juste envie, alors je le fais.

 C’est facile d’écrire ?

Ecrire un livre, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration. Dans mon cas, être inspiré est chose aisée. Ecrire le premier jet n’est pas non plus un calvaire. Le plus dur, selon moi, c’est la phase de réécriture, laborieuse, mais indispensable. Une fois que le livre est imprimé, un autre travail commence, celui de porteur de bonne parole… Car être auteur en 2016, c’est avoir deux casquettes, celle de l’écrivain et celle du gars qui va au charbon pour faire connaître son bouquin.

Tu as un moment idéal et des rituels pour écrire ?

L’inspiration absolue est un mythe. Aucune muse providentielle ne va te dicter ton manuscrit. Une fois que tu as trouvé une bonne idée, il faut la coucher sur papier. La développer. La travailler à la manière d’un sculpteur. Et pour ça, tu dois t’y coller tous les jours en te forçant à écrire. Même un gars comme Stephen King s’impose un minimum de mots à écrire chaque jour.

Es-tu organisé ?

J’essaie d’organiser mes années sous forme de grands objectifs du type : sortir le tome 3 de La Tribune de Fred, etc. Je me prête à cet exercice une fois par an. Ensuite, j’imagine les moyens qui me permettront d’atteindre ces objectifs, semaine après semaine, tout en gardant des marges de manœuvres raisonnables. Au quotidien, je prépare, tous les soirs, une note avec cinq petits objectifs à réaliser le lendemain. Alors, oui, je suis plutôt organisé, sans trop me mettre la pression non plus.

L’écriture, une forme de thérapie ?

Plutôt un défouloir. Certains aiment peindre, d’autres photographier des paysages en pleine nuit. Moi, j’aime écrire.

Qu’est-ce qui t’agace le plus dans la vie ?

L’indifférence au quotidien. La personne qui te fait répéter trois fois ton nom parce qu’elle n’écoute pas vraiment ce que tu racontes. Le gars qui se croit seul sur la route et oublie qu’il a un clignotant. Le type qui te passe devant à la caisse et te dit, sans se démonter, qu’il était là avant toi. Les gens qui envoient des demandes par e-mail sans sacrifier aux civilités de base (bonjour, merci, etc.). Ce genre de petites choses.

Est-ce que tu ressens l’ennui ?

Oui, parfois. Dans ces cas-là, j’ai plusieurs antidotes qui fonctionnent à merveille : faire du sport, lire, regarder une bonne série, boire un café dehors, me promener au bord du lac ou arpenter les rues du vieux Carouge quand le temps le permet. Et ça repart !

Qu’aimes-tu faire dans la vie, en général ?

Lire (beaucoup), écrire, regarder des films (beaucoup), passer du temps en famille, cuisiner (je deviens un pro de la pizza maison), méditer, me vider l’esprit à la terrasse d’un café, me laisser bercer par le bruit de l’eau ou du silence, me vider la tête à la salle de sport. En fait, j’ai des goûts très simples.

Paris ou Haute-Savoie ?

Les deux, sans la moindre hésitation. Je dirais même : Paris, Genève et Haute-Savoie. Paris, ça reste la ville de mon enfance, c’est magique, et j’y retourne avec plaisir pour visiter mes parents et mes cousins. La Yaute, c’est mon chez moi depuis une dizaine d’années et c’est incroyable comme région, tu en as pour tous les goûts : le lac, la montagne (marcher 2h30 pour aller cueillir des myrtilles dans un silence total, c’est une expérience fantastique), la campagne, la ville… C’est parfait pour se changer les idées en quelques minutes. Et Genève, c’est juste magnifique, une sorte de Paris en plus petit, en plus calme. Enfin… C’est comme ça que je le ressens.

France ou Suisse ?

« Heureux comme Dieu en France » : voilà une expression yiddish, datant du XIXe siècle, qui résume bien ce qu’est fondamentalement la France. La même chose avec une démocratie populaire, à la sauce helvétique… Ce serait le paradis sur terre, avec ou sans Dieu.

Ton livre préféré ?

Il y en a des dizaines. Franchement, aucune idée. Je suis plutôt bon public, en général.

Si tu gagnais à l’Euromillions, tu continuerais à écrire ?

Pouvoir écrire sans aucune pression financière, ce serait le pied total !

 Quelque chose à dire aux lecteurs ?

Oui : osez lire mes livres. 100% des lecteurs conquis ont tenté leur chance.