En 2015, plus de deux ménages sur 100 ont été cambriolés ou victimes d’une tentative d’effraction. Comment échapper à ce fléau?
Ces quelques astuces peuvent déjà donner du fil à retordre aux voleurs.

Votre logement est-il suffisamment protégé contre les intrusions? Rien n’est moins sûr … Il y a deux ans, en effet, 255 000 cambriolages de résidences principales et 355000 tentatives d’effraction ont été commis, selon le ministère de l’Intérieur. Des chiffres qui font froid dans le dos.

«On croit toujours que ça n’arrive qu’au voisin mais, statistiquement, on a plus de chance de se faire cambrioler que d’avoir un accident de voiture» prévient Laurent Criado. Or, dans un cas sur trois, les voleurs n’hésitent pas à passer à l’action en présence des occupants. Et lorsqu’il y a confrontation, l’issue est parfois dramatique.

«Personne n’est à l’abri d’une mauvaise surprise. D’autant que nous sommes en ce moment dans l’une des périodes les plus à risques de l’année», souligne-t-il encore. C’est en effet entre le 31 octobre et le 31 décembre que se situent habituellement les dix dates détenant le triste record des vols avec effraction. Son conseil? Relire attentivement son contrat d’assurance, en particulier les clauses d’exclusion de garanties, identifier les failles de sécurité de son logement et prendre les devants en s’équipant.

«S’il n’existe pas de solution miracle pour empêcher ces vols, il est important de multiplier les obstacles en combinant protections mécaniques et systèmes électroniques afin de dissuader les voleurs ou, au moins, de les ralentir dans leur progression, insiste notre expert. Le temps est l’ennemi du cambrioleur. Plus il en perd, plus il risque de se faire pincer.»

Sécurisez les accès

En plus des clôtures en dur (portails, grillages) qui ne résistent pas très longtemps, plantez par exemple une haie d’épineux (rosiers, acacias ou aubépine) disposés en quinconce et ajoutez quelques accessoires dissuasifs, même bon marché : spots à détection de mouvement ou fausse caméra de surveillance – attention dans ce cas à bien masquer le voyant clignotant, qui n’existe pas sur les vrais modèles! Puis sécurisez tous les points d’entrées  du logement, sans exception.

«Une porte blindée ne sert à rien si elle n’est pas fermée à clé (trois secondes suffisent alors pour l’ouvrir!) ou si le voleur peut s’introduire facilement par un autre endroit : un Velux, le soupirail d’une cave, la porte d’un garage …», souligne en effet notre spécialiste, qui explique que certains malfaiteurs n’hésitent pas à soulever les tuiles et à crever le sol en plâtre des combles pour entrer.

Des solutions à tous les prix

Le bon réflexe? Installer des protections certifiées ou des matériaux réputés pour leur solidité afin de ralentir (et non d’empêcher) l’effraction. La norme A2P, par exemple, comporte 3 niveaux de protection correspondant chacun à une durée de résistance face à un voleur équipé. Différent d’un dispositif à l’autre, ce temps est, par exemple, de cinq, dix ou quinze minutes pour une porte labellisée. «Les voleurs peuvent s’attaquer au bâti (cadre) ou au battant d’une porte, c’est pourquoi une bonne serrure ne suffit pas», prévient Laurent Criado. De plus, dans un cas sur trois, ces derniers passent par une fenêtre (même à l’étage). Si vous êtes locataire ou que vous n’avez pas les moyens d’installer des verres «antieffraction» (et non «antivandalisme»), collez un film adhésif antibris sur les vitres pour compliquer la tâche des cambrioleurs. «Mais sa chez toutefois que ces derniers préfèrent généralement forcer les fenêtres plutôt que de casser les vitres», indique l’expert. Il recommande donc de fixer en plus un petit détecteur d’ouverture ou de choc sur chaque battant (adhésif et sans fil) ainsi qu’un détecteur de mouvement dans les pièces. «Stressé par le déclenchement d’une alarme, le voleur préférera peut-être prendre la fuite», explique-t-il. L’inconvénient de ce genre de gadgets purement dissuasifs (10-15€ pièce)? L’obligation de les activer un par un à chaque départ, à moins d’installer un système centralisé. Tout commander d’un geste, c’est justement ce que proposent les prestataires de télésurveillance (qu’il vaut mieux choisir certifiés APSAD R31 et R81). Avec ou sans engagement, ils louent à leurs clients du matériel relié à des centrales de contrôle, moyennant 30 à 40 € par mois (détecteurs + caméra).

«Mais en la matière, rien ne sert de choisir un pack service sans caméra connectée, car les opérateurs sont obligés de vérifier la réalité de l’intrusion avant de prévenir les autorités, plaide Laurent Criado. Avec la vidéo, ils peuvent se connecter en temps réel pour voir ce qu’il se passe alors que sans, ils sont obligés d’envoyer sur place un de leurs employés, qui risque d’arriver trop tard (un cambriolage ne dure en moyenne que huit minutes !)»

Il déconseille d’ailleurs de placarder sur sa porte et ses fenêtres les autocollants au nom de la société de sécurité. «Cela renseigne les voleurs les plus informés sur les procédures utilisées. Mieux vaut en commander des neutres sur Internet», explique-t-il.

Les volets antivols

Reste que pour éviter l’intrusion, il est primordial d’investir dans de bons stores ou volets condition de ne pas oublier de les fermer!). «Ceux en acier ou alu extrudé (d’un seul morceau) sont les plus résistants tandis que ceux en PVC ne servent strictement à rien (tout comme les fenêtres de la même matière) et sont, de surcroît, souvent considérés par les assurances comme des motifs dexclusion de garantie», prévient notre expert.

Autre solution, renforcer l’existant à l’aide de mécanismes peu coûteux et faciles à installer soi-même : pinces de volets roulants (10-15 €), barres de volets battants (30 à 70€), etc. Enfin, pensez à dissimuler vos objets de valeur (bijoux, matériel informatique, argent liquide, papiers administratifs ... ). Bannissez les cachettes bien connues (matelas, pile de linge, boîte de céréales, four, frigo, dessous de baignoire, envers de tiroirs, etc.) et faites preuve dimagination.

Restez discret et sur vos gardes!

Les voleurs sont les rois du repérage. Pour connaître votre situation familiale, vos revenus et vos habitudes, ils n’hésitent pas à enquêter, compris sur Internet (CV, Facebook, sites d’annonces et de rencontres ... ). N’en dites donc pas trop et évitez d’afficher votre richesse en photos.

Sur votre boîte aux lettres, contentez-vous d’indiquer votre nom (pas de prénom, ni veuve X ou Mme X) et ne laissez jamais entrer un inconnu chez vous. Le recours à des «chevaux de Troie» est en effet fréquent : enfant soi-disant perdu, démarcheur à domicile, etc.

France Dimanche 10-16/11/17   //   Chloé Belleret