L’Obs rend hommage au travail de Laurent Criado dans sa note conjoncturelle du 20 avril 2016. En surligné, les réflexions de Laurent Criado, tirées de son article intitulé « Immobilier : qui seront les dindons de la farce ? » publié sur Agoravox le 4 avril 2016, qui ont contribué à conclure l’article du journaliste de l’Obs. Merci à lui !


Pendant les vacances, la machine tourne dans l’immobilier. Mais les professionnels sont inquiets : d’abord, il y a le problème des taux d’intérêt. Certes, ils sont au plus bas historiques – moins de 2% selon Crédit Logement! – et même ils baissent encore, au nom de la Concurrence entre établissements de crédits et banques spécialisées…Mais voici des nuages sur l’horizon, qui pourraient tempérer l’ardeur des acheteurs.

D’une part il y a l’inversion de la politique monétaire américaine qui est désormais inscrite – au moins jusqu’aux élections de novembre aux Etats-Unis  – sur une tendance à la hausse ; de ce coté-ci de l’Atlantique, la BCE reste prudente et cherche plutôt à relancer l’économie … en aidant au retour de l’inflation! C’est en effet là que se refinancement en pratique les banques Bref, ce n’est pas encore l’alerte rouge mais on est quand même à l’orange?

D’autre part il y a l’épée de Damoclès qui s’appelle Bâle IV. Il s’agit comme son nom l’indique de la quatrième phase de l’Accord du Comité de Bâle par les banquiers centraux et la communauté financière internationale en vue de réguler le système monétaire mondial afin d’empêcher des dérapages genre « subprimes »…Là, les professionnels craignent que ces injonctions ne viennent entraver la distribution des crédits immobiliers!

En fait un tel accord n’interviendrait pas avant 2019, mais il renforcerait celui de Bâle III actuellement en vigueur en contraignant à davantage de précautions de couverture des emprunts desdites banques et institutions financières à long terme donc ceux qui commandent les prêts à 20 ans ou 30 ans accordés aux acheteurs. Et comment ? En augmentant les ressources propres des établissements prêteurs afin de faire face aux accidents dus à la faiblesse de la conjoncture; ce qui en pratique diminue la possibilité de prêter à capital constant…

Donc

l’idée est d’augmenter les fonds propres des banques, afin de limiter les risques mais
surtout sur les profils d’emprunteurs disposant de peu ou pas d’apports personnels !  Ils constituent il est vrai un territoire de  « chasse » intéressante pour les courtiers?
Le durcissement d’obtention des crédits immobiliers risque d’exclure une partie des candidats à l’accession à la propriété, principalement les jeunes et les primo-accédants, ayant par définition peu ou pas de fonds propres à eux.. Un
article de LaVieimmo détaille l’avis de plusieurs spécialistes annonçant que si la mesure Bâle IV était adoptée en l’état, environ un tiers des crédits immobiliers disparaîtrait. D’où une autre
idée est de rompre avec la spécificité française des taux fixes – 90% des prêts actuels –
et de proposer un retour des emprunts à taux variables ! Leur objectif, rappelle le site Agoravox :
« supprimer le risque pesant sur les banques et le reporter sur l’emprunteur final, c’est-à-dire, vous… »
Quel que soit le scénario exploré, il est potentiellement nuisible au marché immobilier et à l’économie française. Si les taux restent fixes et que les conditions d’obtention de crédit se durcissent, un tiers des crédits disparaîtrait. En clair, ça signifie que le marché, neuf comme ancien, se gripperait puisqu’il n’y aurait plus de nouveaux entrants. Les candidats à l’achat pour se loger, ou même les « investisseurs » dont le modèle repose sur le financement à crédit du bien à 100%, ne seront plus là. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les fédérations LCA, FFB, FNAIM et FPI n’en veulent pas.
Sources : L’Obs / Journaliste : Dominique Thiébaut / Date de parution : 20/04/2016